Monsieur le Président, distingués membres du Comité, bonjour. Nous apprécions la possibilité que nous avons, deux fois l'an, de vous rencontrer à la suite de la parution du Rapport sur la politique monétaire. Ces séances nous aident à bien renseigner les sénateurs, et par votre entremise tous les Canadiens, au sujet de notre point de vue sur l'économie, de l'objectif de la politique monétaire et des mesures que nous prenons pour l'atteindre.

Lorsque Paul et moi nous sommes présentés devant vous en mai dernier, peu après la publication de la livraison du printemps du Rapport, nous vous avons indiqué que l'économie mondiale affichait un dynamisme légèrement plus grand que prévu : les prix du pétrole étaient plus élevés que ce qui avait été anticipé et les métaux s'étaient considérablement renchéris. À l'époque, la Banque prévoyait que la croissance serait d'environ 3,1 % en 2006, de 3,0 % en 2007 et de 2,9 % en 2008.

La situation a quelque peu changé depuis. Dans la plus récente livraison du Rapport, que nous avons publiée jeudi dernier, nous mentionnons que l'économie canadienne fonctionne actuellement à un niveau tout juste supérieur à sa capacité de production. Bien que l'on s'attende à ce que l'expansion à l'échelle mondiale soit un peu plus forte qu'on ne l'avait d'abord pensé, la détérioration des perspectives à court terme aux États-Unis est venue assombrir celles des exportations et de la croissance au Canada.

La Banque a revu légèrement à la baisse son scénario de référence concernant l'économie canadienne par rapport à celui exposé dans la livraison d'avril du Rapport ainsi que dans la Mise à jour de celui-ci, parue en juillet, et estime maintenant que le PIB progressera en moyenne de 2,8 % en 2006, de 2,5 % en 2007 et à nouveau de 2,8 % en 2008. La faible croissance de la productivité du travail a amené la Banque à réduire à 2,8 % le taux d'accroissement de la production potentielle postulé pour la période 2006-2008. Ensemble, ces facteurs impliquent que la faible demande excédentaire observée en ce moment se résorbera d'ici le milieu de 2007.

L'inflation mesurée par l'indice de référence devrait demeurer légèrement au-dessus de 2 % au cours des prochains mois, mais être redescendue à ce niveau au milieu de 2007 et s'y maintenir jusqu'à la fin de 2008. Par ailleurs, le recul des cours de l'énergie a entraîné une révision à la baisse du taux d'augmentation de l'IPC global attendu à court terme. Ainsi, l'inflation mesurée par l'IPC global (y compris l'incidence temporaire de la réduction de la TPS) avoisinera probablement 1 1/2 % en moyenne jusqu'au deuxième trimestre de 2007, avant de remonter à la cible de 2 %, où elle devrait rester jusqu'à la fin de 2008.

Comme nous l'avons indiqué le 6 septembre dernier, dans notre communiqué relatif à l'établissement du taux directeur, nous sommes d'avis que les risques pesant sur le scénario de référence se sont légèrement accentués depuis juillet. Le principal risque à la hausse est lié au dynamisme des dépenses des ménages et des prix des logements, tandis que le plus important risque à la baisse tient à la possibilité que l'économie américaine ralentisse plus fortement que prévu, ce qui provoquerait une diminution des exportations canadiennes. La Banque considère que les risques qui entourent sa projection au sujet de l'inflation sont relativement équilibrés.

Le 17 octobre, nous avons décidé de maintenir notre taux directeur à 4 1/4 %. Nous jugeons à l'heure actuelle que celui-ci se trouve à un niveau compatible avec la réalisation de la cible d'inflation à moyen terme. Nous continuerons de suivre de près l'évolution des risques ainsi que la situation économique et financière au pays et à l'étranger.