Depuis la construction des premiers comptes nationaux, il y a de cela plus de 60 ans, les économistes ont recours aux séries mensuelles ou trimestrielles publiées par les organismes statistiques nationaux pour établir leurs prévisions et faire tourner leurs modèles macroéconomiques. Or, les avancées technologiques de ces dernières années ont permis de créer des sources nouvelles de données de haute fréquence susceptibles d'offrir une information plus précise et plus à jour sur le niveau de l'activité économique. Les auteurs s'attachent à évaluer l'utilité des transactions électroniques, en l'occurrence celles effectuées par carte de débit au Canada, pour mesurer en temps réel les niveaux d'activité. Les données relatives à ces transactions sont disponibles quotidiennement et sont intéressantes en raison de la forte pénétration de la carte de débit chez les ménages. Les auteurs constatent que 1) les volumes de transactions des ménages fluctuent énormément selon les jours de la semaine, culminant le vendredi et se contractant le dimanche; 2) l'utilisation des données ayant trait à ces transactions contribue à réduire les erreurs dans la prévision publiée par Consensus Economics quant à la croissance du PIB et de la consommation (en particulier de biens non durables); 3) les transactions par carte de débit sont corrélées avec les révisions apportées par Statistique Canada aux chiffres du PIB; 4) l'emploi de ces données de haute fréquence sur les transactions permet d'analyser l'incidence immédiate d'événements extrêmes sur les dépenses des ménages, comme celle des attentats du 11 septembre et de la panne générale d'électricité survenue en Ontario en août 2003.