Les auteurs font appel à la méthode d'analyse des fluctuations conjoncturelles de Chari, Kehoe et McGrattan (2006) pour étudier l'évolution de l'économie canadienne depuis les années 1960. Cette méthode consiste à dégager des facteurs explicatifs en vue de mieux concilier les prévisions du modèle de croissance néoclassique avec le comportement réel des variables macroéconomiques. Les auteurs constatent que la productivité globale des facteurs et l'arbitrage consommation-loisir – les facteurs productivité et travail – sont essentiels à la compréhension des variations de la production, de l'offre de main-d'oeuvre et de la productivité du travail observées au Canada. Ils effectuent une décomposition du facteur travail pour le Canada et les États-Unis. D'après celle-ci, la baisse de l'écart salarial entre les hommes et les femmes explique en bonne partie l'atténuation des distorsions sur le marché du travail. Par ailleurs, le recul moins marqué de ces distorsions dans notre pays par rapport à ce que l'on constate au sud de la frontière tient à une hausse relative du taux d'imposition effectif du revenu du travail au Canada.