Bonjour. Nous sommes heureux d'être ici parmi vous aujourd'hui pour discuter de la Mise à jour de juillet du Rapport sur la politique monétaire, que nous avons publiée ce matin.

Dans cette mise à jour, la Banque expose trois grands facteurs qui influent sur l'économie canadienne, soit le ralentissement prolongé de l'économie américaine, les turbulences persistantes sur les marchés financiers mondiaux et la forte augmentation des cours de certains produits de base, en particulier ceux de l'énergie. Bien que les deux premiers facteurs évoluent dans l'ensemble conformément aux attentes, les prix de nombreux produits de base continuent toutefois de dépasser les prévisions antérieures, ce qui modifie les perspectives d'évolution de l'inflation dans le monde et au pays.

Même si l'économie canadienne a connu au premier trimestre de 2008 une expansion plus faible que prévu, la demande intérieure finale – soutenue par le niveau élevé des termes de l'échange – a continué de croître à un bon rythme. On estime qu'une légère offre excédentaire est apparue dans l'économie au second trimestre de 2008 et que cette offre excédentaire devrait augmenter durant le reste de l'année. La Banque s'attend à ce que le niveau élevé des termes de l'échange, le degré de détente monétaire et le redressement graduel de l'économie américaine poussent le taux de croissance au-dessus de celui de la production potentielle dès le début de 2009. Cette évolution favorisera le retour de l'économie à son plein potentiel vers le milieu de 2010.

En supposant que les prix de l'énergie évoluent conformément aux cours actuels des contrats à terme, le taux d'accroissement de l'IPC global devrait se hisser temporairement au-dessus de 4 % et culminer au premier trimestre de 2009. Les prix de l'énergie se stabilisant et les attentes d'inflation à moyen terme demeurant bien ancrées, on s'attend à ce que le taux d'augmentation de l'IPC global converge vers celui de l'indice de référence, à la cible de 2 %, au deuxième semestre de 2009. L'inflation mesurée par l'indice de référence devrait rester bien contenue.

Les trois grands facteurs qui influent sur l'économie canadienne font peser d'importants risques, tant à la hausse qu'à la baisse, sur notre projection. Du côté des risques à la hausse, la demande intérieure pourrait être supérieure aux prévisions étant donné la bonne tenue des termes de l'échange du Canada et l'essor des crédits aux ménages. Le taux d'accroissement de la production potentielle pourrait être inférieur aux hypothèses, vu la faiblesse continue de la croissance de la productivité du travail. Les tensions inflationnistes à l'échelle mondiale pourraient aussi entraîner une hausse plus prononcée que prévu des coûts des importations pour le Canada. Pour ce qui est des risques à la baisse, les cours des produits de base pourraient être plus faibles qu'escompté. La croissance aux États-Unis pourrait également être inférieure aux prévisions, particulièrement dans les secteurs dont le niveau d'activité influe le plus sur les exportations canadiennes. De même, la persistance des tensions au sein des marchés financiers internationaux pourrait avoir une incidence plus lourde qu'anticipé sur l'expansion de l'économie mondiale et sur le coût et la disponibilité du crédit au Canada. Tout compte fait, la Banque considère que les risques entourant sa projection au sujet de l'inflation sont équilibrés.

Dans ce contexte, la Banque estime que le niveau actuel du taux du financement à un jour – soit 3 % – demeure approprié. Nous continuerons de suivre de près l'évolution des risques, ainsi que celle de la conjoncture économique et financière au Canada et dans le monde, et de mener la politique monétaire de manière à atteindre la cible d'inflation à moyen terme, soit 2 %.