Les auteurs examinent comment un arbitrage entre le partage du risque de crédit et l'efficience de la gestion de la liquidité amène les participants au Système de transfert de paiements de grande valeur (STPGV) ayant opté pour des paiements de tranche 2 soit à continuer d'octroyer une limite de crédit bilatérale à un participant menacé par une fermeture imminente, soit à clore cette ligne de crédit. Leur analyse porte sur un réseau bancaire tripartite dont le système de règlement s'apparente au mécanisme de tranche 2 du STPGV. La fermeture d'une des trois banques considérées est globalement jugée comme imminente, même si on en ignore le moment précis, c'est-à-dire si elle surviendra pendant ou après le cycle de règlement. Les deux autres banques sont placées devant une alternative : maintenir la limite de crédit qu'elles accordent au participant problématique ou lui en clore l'accès. Les avantages nets escomptés de chaque option, notamment la valeur des externalités du réseau, permettent de montrer que, dans l'éventualité où les créances irrécouvrables anticipées sont suffisamment faibles, un équilibre de Nash en stratégies pures est possible et peut être efficient selon le critère de Pareto si les limites de crédit sont maintenues. Cette conclusion vient réfuter l'idée reçue – souvent avancée – selon laquelle les participants au mécanisme de tranche 2 du STPGV cloront l'accès de leur limite de crédit bilatérale à un participant confronté à l'imminence d'une fermeture.