Pourquoi les salariés des grandes entreprises sont-ils mieux rémunérés que les travailleurs des petites entreprises, même si l'on tient compte des caractéristiques observables? En complément des résultats antérieurs, les auteurs proposent un mécanisme qui permet de répondre à la question. Dans le modèle décrit, les salariés accumulent du capital humain, au risque d'en perdre une partie s'ils changent d'emploi, volontairement ou non. Le modèle, qui est étalonné en fonction des économies américaine et canadienne, parvient à expliquer le tiers de la prime salariale liée à la taille des entreprises. Quant à l'écart de rémunération entre le Canada et les États-Unis, il est uniquement imputable, d'après le modèle, aux différences dans les niveaux d'incertitude sur le marché du travail.