Dans cette étude, l'auteur examine le lien entre le risque de liquidité et les primes de risque des obligations souveraines à l'aide de la théorie de l'arbitrage appliquée à l'évaluation des actifs. La Bourse de Londres à la fin du XIXe siècle constitue un laboratoire idéal pour mettre à l'épreuve l'hypothèse selon laquelle le risque de liquidité influe sur le prix des obligations souveraines. Cette époque est en effet la dernière au cours de laquelle la négociation des titres de dette d'un ensemble hétérogène d'États a été centralisée dans un même lieu et elle fournit des données qui permettent d'observer les prix des obligations sur une période suffisamment longue pour effectuer des tests d'évaluation des actifs. Une analyse empirique de ces données débouche sur trois nouveaux résultats. Premièrement, les obligations souveraines qui présentent de larges écarts entre les cours acheteur et vendeur rapportent 3 à 4 % de plus par an que celles pour lesquelles ces écarts sont faibles, et cette différence se traduit par une sensibilité accrue aux variations inattendues de la liquidité du marché. Deuxièmement, les petites obligations souveraines (d'après la valeur de marché) affichent des rendements annuels supérieurs de 1,8 à 3,5 % à ceux des obligations souveraines de grande taille; cette différence se répercute également sur la sensibilité du rendement de ces titres aux fluctuations imprévues de la liquidité. Enfin, la liquidité du marché s'avère une variable d'état importante aux fins de l'évaluation d'un échantillon transversal d'obligations souveraines. L'étude fournit des estimations quantitatives de l'influence du risque de liquidité sur l'établissement de la prime de risque souverain et met en évidence l'importance de la liquidité du marché en tant que risque non diversifiable.

Publication :

Journal of International Economics (0022-1996)
Novembre 2010, vol. 82, no 2, p. 219-229