Au lendemain de la crise financière, l'idée de réformer la réglementation bancaire de telle sorte que les exigences de fonds propres soient plus étroitement rattachées à la contribution de chaque banque au risque global du système financier suscite de l'intérêt. Les auteurs comparent divers mécanismes de répartition du risque global d'un système bancaire parmi les banques membres. Le risque global est estimé à l'aide d'un modèle qui intègre explicitement les externalités de contagion présentes dans le système financier. L'ensemble de données unique sur le système bancaire canadien auquel les auteurs ont accès renseigne sur les expositions des banques individuelles au risque et contient des informations détaillées sur les liens interbancaires, y compris ceux qui se rapportent aux produits dérivés de gré à gré. Les auteurs constatent que les résultats de la répartition systémique des fonds propres peuvent différer de jusqu'à 50 % des niveaux de fonds propres observés au deuxième trimestre de 2008 et que leur relation avec la taille ou la probabilité de défaut de chaque banque n'est pas simple. Les mécanismes de répartition systémique des fonds propres permettent de réduire d'environ 25 % les probabilités de défaut des banques individuelles ainsi que la probabilité d'une crise systémique. Les résultats des auteurs indiquent que l'application d'une approche systémique en matière de réglementation bancaire peut accroître substantiellement la stabilité financière.

Aussi publié sous le titre :

Macroprudential Capital Requirements and Systemic Risk
Journal of Financial Intermediation (1042-9573)
Octobre 2012, vol. 21, no 4, p. 594-618