Les auteurs évaluent empiriquement l'efficacité du mécanisme de prise en pension à plus d'un jour de la Banque du Canada pour réduire les pressions sur les marchés du financement bancaire à court terme, en prenant pour mesure l'écart entre le taux CDOR et le taux des swaps indexés sur le taux à un jour. Ils analysent le comportement de l'écart autour des dates d'annonce et des dates d'exécution des opérations menées dans le cadre du mécanisme, en utilisant une approche événementielle qui permet de tenir compte de l'évolution des autres marchés monétaires (en suivant l'écart entre le taux LIBOR et le taux des swaps indexés sur le taux à un jour aux États-Unis) ainsi que des mesures approchées du risque de crédit du secteur bancaire canadien. Dans l'ensemble, les résultats montrent de façon concluante que les annonces des opérations de prise en pension à plus d'un jour ont fait diminuer les coûts de financement des banques à un mois aussi bien qu'à trois mois, alors que rien n'indique d'effet imputable à l'exécution des opérations. Comme l'échantillon ne comporte qu'un petit nombre d'annonces, toutefois, on ne saurait sans précaution attribuer à elles seules la compression de l'écart entre le taux CDOR et le taux des swaps indexés sur le taux à un jour, puisque d'autres événements survenus aux mêmes dates (y compris d'autres annonces de la Banque) peuvent également avoir contribué à cette compression.

Publication :

The North American Journal of Economics and Finance (1062-9408)
Janvier 2012, vol. 23, no 1, p. 123-143