Les auteurs offrent un cadre d'évaluation multipériodique du risque systémique afin d'apprécier globalement l'incidence de récentes propositions relatives aux exigences réglementaires en matière de liquidités et de fonds propres. À l'instar de Morris et Shin (2009), ils font du risque associé à la liquidité de financement une conséquence endogène de l'interaction entre le risque de liquidité du marché, le risque de solvabilité et la structure de financement des banques. Pour mesurer l'impact général d'une combinaison différente de liquidités et de fonds propres, ils simulent la réaction de structures de bilan distinctes à une conjoncture macroéconomique difficile mais plausible. Plusieurs résultats intéressants ressortent des simulations : 1) les fonds propres ont un effet marginal décroissant sur le risque systémique; 2) leur augmentation à elle seule atténue beaucoup moins efficacement le risque de liquidité qu'elle ne réduit le risque de solvabilité; 3) la détention d'un niveau élevé d'actifs liquides restreint l'effet marginal d'une hausse des passifs à court terme sur le risque systémique; 4) la variation du niveau des actifs liquides détenus influe peu sur le risque systémique quand le montant des passifs à court terme est suffisamment faible.