L'auteur élabore un modèle d'économie fermée pour étudier les interactions entre les primes de risque souverain, les limites budgétaires et la politique budgétaire. Les limites budgétaires stochastiques, qui mesurent la capacité et la volonté de l'État d'assurer le service de sa dette, sont tirées de manière endogène d'une courbe dynamique de Laffer. La distribution des limites budgétaires est propre à chaque pays, déterminée, entre autres caractéristiques, par la taille du secteur public, le degré de contracyclicité de la politique budgétaire, la diversité de l'économie et l'incertitude politique. Le modèle permet d'expliquer les cotes différentes attribuées aux pays développés par les agences de notation financière. La forme non linéaire de la relation qui émerge à l'équilibre entre les primes de risque souverain et le niveau de la dette publique concorde avec ce que révèlent les données, à savoir une hausse rapide des primes de risque lorsque ces dernières commencent à monter. Les variations qu'enregistrent les primes de risque de défaut exigées sur les obligations à long terme précèdent celles qu'accusent les primes observées dans le cas des obligations à court terme, signalant de façon précoce l'augmentation des probabilités de défaut des emprunteurs souverains.

Publication :

European Economic Review (0014-2921)
Avril 2012, vol. 56, no 3, p. 389-410