Les auteurs élaborent un cadre théorique pour expliquer la coexistence de contrats à durée déterminée et de contrats de travail permanents dans un milieu où travailleurs et employeurs sont a priori identiques. Les travailleurs temporaires sont licenciables sans frais, alors que les employés permanents jouissent d’une protection d’emploi. Sur un marché du travail caractérisé par des frictions dans la prospection et l’appariement, les entreprises jugent optimal d’opérer des distinctions en proposant à certains travailleurs un contrat à durée déterminée et à d’autres un contrat permanent. La qualité intrinsèque de l’appariement entre le travailleur et l’entreprise motive le choix du contrat offert. Les auteurs définissent par analyse les règles d’embauche et de congédiement des entreprises.  Les paramètres du modèle sont estimés à l’aide de données canadiennes relatives au jumelage employeurs-salariés. La hausse des coûts de licenciement accroît l’inégalité des salaires et réduit le chômage. Cette montée de l’inégalité est causée par la présence d’une plus grande proportion de travailleurs temporaires et non par la majoration du surplus de rémunération octroyé aux travailleurs permanents.