Les auteurs se servent de modèles vectoriels autorégressifs dotés de coefficients variables et d’une volatilité stochastique pour étudier comment ont évolué au fil du temps les effets dynamiques des chocs d’offre pétroliers sur l’économie américaine. Les auteurs notent une baisse prononcée de l’élasticité-prix de la demande de pétrole à court terme depuis le milieu des années 1980. Cette observation aide à expliquer pourquoi, à ampleur égale, un déficit de production s’accompagne d’une réaction du prix de l’or noir et de dégâts à l’économie de plus en plus importants au fil de la période étudiée, alors que des hausses des prix du pétrole d’ampleur inchangée sont associées à un recul moins marqué de la production pétrolière et à un repli plus modeste de l’activité économique aux États-Unis ces dernières années. Les auteurs montrent aussi que la part de la variabilité du prix réel de l’or noir imputable aux chocs d’offre a diminué récemment, avec pour corollaire un rôle plus important pour les chocs de demande. Malgré la variation dans le temps, l’incidence cumulative globale des ruptures d’approvisionnement a été modeste sur l’économie américaine. Les chocs d’offre pétroliers ont concouru dans une certaine mesure à la récession de 1991 et tempéré le boom de 1999-2000, mais ils n’expliquent pas d’autres récessions aux États-Unis ni la « Grande Inflation » des années 1970 et du début des années 1980.

Publication :

American Economic Journal-Macroeconomics (1945-7707)
Octobre 2013, vol. 5, no 4, p. 1-28