Pour que l’économie canadienne se développe d’une façon autonome, qui s’autoalimente, il faut restaurer la capacité de production et améliorer la confiance des entreprises, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz, dans un discours qu’il a prononcé devant la Chambre de commerce d’Oakville.

Bien que l’économie canadienne se soit remise des pertes qu’elle a subies aux chapitres de l’emploi et de la production, les dégâts structurels imputables à la crise n’ont pas pour autant disparu. « Il ne s’agit donc pas d’une reprise au sens habituel du terme. Cela ressemble plutôt à une reconstruction d’après-guerre. »

Depuis le début de la récession, la création nette d’entreprises au Canada a été limitée. Le choc a été particulièrement rude pour les exportateurs, et le groupe le plus gravement touché parmi eux est celui des entreprises manufacturières, dont le nombre n’a cessé de décroître.

Pour regagner la production perdue du fait que des entreprises ont fermé leurs portes ou réduit leurs activités, il faut que les firmes existantes accroissent leur production, qu’elles investissent pour développer leurs capacités et que la création nette de nouvelles entreprises retrouve des niveaux plus élevés. Heureusement, les bilans des entreprises canadiennes sont sains et la capacité d’investir est bien là.

Le gouverneur a cité l’exemple du secteur automobile, dont la production a accusé un repli brutal de 70 % pendant la récession, entre le sommet et le creux du cycle. Les entreprises qui ont survécu ont abaissé leur structure de coûts, misé davantage sur l’innovation et accéléré le développement de nouveaux produits. Le gouverneur a toutefois précisé qu’il reste à voir comment le processus de reconstruction touchera cet important secteur.

« Pour que l’économie canadienne se développe au rythme qu’on attend d’elle [...], il faut restaurer la capacité de production, a affirmé le gouverneur. Cela implique une amélioration de la confiance des entreprises et des entrepreneurs. »

L’intensification de la demande étrangère, surtout en provenance des États-Unis, devrait contribuer à renforcer la confiance des exportateurs canadiens. La Banque peut entrevoir la séquence suivante : la demande étrangère va reprendre, les exportations canadiennes vont progresser davantage, la confiance va s’améliorer, les entreprises existantes vont prendre de l’expansion, les firmes vont investir pour augmenter leurs capacités, et de nouvelles sociétés vont être créées. Le gouverneur a indiqué que ce processus est peut-être déjà amorcé.

Le rôle que la Banque assume pour favoriser la reconstruction de l’économie canadienne est, comme toujours, de maintenir l’inflation à un niveau bas, stable et prévisible. La Banque contribue également à alimenter la confiance en expliquant les forces qui sont à l’œuvre au sein de l’économie, de même que ses interventions de politique monétaire. « Nous sommes à l’écoute des entreprises, des groupes syndicaux ainsi que des associations sectorielles, a conclu le gouverneur. La participation active des Canadiens et des Canadiennes doit rester un élément fondamental de la politique de la Banque du Canada. »