Les modèles d’oligopole classiques montrent que les entreprises atténuent la concurrence qu’elles se font sur les prix par la différenciation verticale des produits. Or, certaines mesures laissent croire que le marché de l’assurance automobile aux États-Unis présente un très faible degré de différenciation qualitative. L’auteur explique ce phénomène par le fait que, étant réfractaires au risque et confrontées à des coûts incertains, les compagnies d’assurance sont portées à opter pour des produits de qualité uniforme. L’introduction de différences de qualité entre les produits peut tout aussi bien accroître les profits que les réduire. En effet, si elle rend moins âpre la concurrence sur les prix, la différenciation qualitative limite également la capacité de la firme offrant la variante de moindre qualité d’inclure dans son prix le taux de marge que commande son aversion pour le risque. Selon les goûts des consommateurs pour la qualité et le prix à payer pour l’obtenir, cela peut faire de la différenciation une stratégie sous-optimale qui serait rejetée au profit de l’homogénéisation de la qualité. D’autres arbitrages entre les coûts rattachés à la qualité du produit, les profits et les variances des profits exacerbent cet effet, de sorte que les équilibres se réalisent à de très bas niveaux de qualité. L’auteur soutient que ce serait là une explication au déclin de la qualité observé au XIXe siècle à la suite de l’intensification de la concurrence sur le marché américain de l’assurance incendie.