Nous évaluons l’efficacité des politiques macroprudentielles dans la gestion des flux de capitaux internationaux et les externalités découlant de leur mise en oeuvre. À l’aide d’un échantillon comptant jusqu’à 139 pays, nous étudions les effets de huit mesures de politique macroprudentielle sur les flux bancaires transfrontaliers au cours de la période allant de 1999 à 2009. Notre analyse longitudinale examine la structure du système bancaire et la présence de possibles effets de débordement entre pays et entre catégories d’actifs. Nos résultats indiquent que la structure du système bancaire national a une incidence sur l’efficacité des politiques macroprudentielles. Plus précisément, nous constatons qu’une proportion élevée de prêts accordés par des banques non résidentes dans un pays qui adopte des politiques macroprudentielles réduit l’efficacité à l’échelle intérieure de la plupart de celles-ci, alors qu’un haut rendement des actifs dans le système bancaire national a une incidence contraire. Par ailleurs, notre analyse donne à penser que les deux types d’effets de débordement peuvent se produire. Premièrement, nous observons qu’un haut rendement des actifs dans le système bancaire de pays autres que celui qui applique des politiques macroprudentielles entraîne une diminution de ces effets, alors qu’un niveau élevé d’intégration commerciale au sein du même groupe de pays provoque une hausse dans tout le groupe. Cependant, le fait que les résultats soient économiquement significatifs tend à indiquer que généralement seul un nombre limité de pays subit des effets de débordement géographiques. Deuxièmement, certains résultats laissent entrevoir des retombées touchant diverses catégories d’actifs à l’intérieur de pays.