Un transfert de richesse vers les pays émergents peut conduire à de l’instabilité dans les pays développés. Les investisseurs qui sont exposés à un risque d’expropriation sont disposés à verser une prime de sécurité pour investir dans des pays où les droits de propriété sont bien établis. Les intermédiaires se font concurrence pour accéder à ce financement bon marché en structurant des créances sûres qui offrent aux investisseurs une dette exigible. Ces entrées de capitaux motivées par la recherche de sûreté permettent certes aux pays développés d’élargir leur crédit intérieur, mais les investisseurs étrangers réfractaires au risque retirent leurs placements même quand l’incertitude est minime. Un accroissement du financement de sources étrangères a pour effet d’augmenter la fréquence et l’importance des retraits massifs. Étant donné qu’une liquidation excessive se traduit par des pertes sur le plan social, un planificateur national pourrait envisager l’adoption de mesures prudentielles visant à limiter l’ampleur des entrées de capitaux étrangers.