L’auteur se penche sur un modèle de cycle réel avec frictions de recherche sur le marché du travail dans lequel il introduit explicitement deux modes de rémunération incitative, s’inspirant des constats d’un courant de littérature microéconomique sur la rémunération au rendement (Lazear, 1986, entre autres). Bien que, dans les deux cas, la négociation entre les travailleurs et les entreprises soit fondée sur l’information disponible avant la période t, l’objet de la négociation n’est pas le même. Le premier mode de rémunération est appelé « salaire d’efficience », car il est étroitement lié à l’intuition derrière le modèle dit du « tire-au-flanc » (shirking) de Shapiro et Stiglitz (1984), tandis que l’autre est qualifié de salaire « au rendement », puisque l’enjeu de la négociation consiste en une formule salariale dans laquelle le salaire du travailleur est fonction de sa production. L’élément-clé du salaire « au rendement » est que le travailleur peut moduler le niveau d’effort déployé (c.-à-d. le rendement) à chaque période. À l’aide de ce modèle, l’auteur simule une transition vers une économie où les contrats de rémunération au rendement sont plus fréquents, à l’instar de celle qui s’est opérée aux États-Unis, afin d’établir si cette transition permet d’expliquer simultanément deux phénomènes observés : l’accroissement de la volatilité relative des salaires et la Grande Modération. Le modèle génère une volatilité des salaires plus importante lorsque la rémunération au rendement devient plus répandue dans l’économie, mais il engendre aussi une volatilité accrue de la production et une procyclicité amplifiée des salaires. Ces deux résultats diffèrent de ce qui a été observé aux États-Unis durant la Grande Modération et remettent en question l’idée selon laquelle une plus grande flexibilité des salaires résultant de l’adoption d’un mode de rémunération au rendement peut expliquer les données statistiques sur le cycle économique des trente dernières années.