Les commerçants qui acceptent les cartes de crédit doivent supporter des frais pour le traitement des paiements. Dans la plupart des pays, une règle de non-imposition de frais supplémentaires leur interdit d’imputer ces frais de transaction aux consommateurs. Toutefois, les commerçants sont autorisés à diriger les consommateurs vers des modes de paiement moins coûteux en offrant des rabais, ou en recourant à des mesures incitatives non pécuniaires, notamment en faisant valoir la commodité et la rapidité de ces autres moyens de paiement. À partir de microdonnées tirées d’une enquête menée auprès des ménages canadiens, un modèle de choix discrets des modes de paiement est estimé afin d’établir les coûts respectifs de ces deux stratégies pour le commerçant. Il ressort des résultats que les rabais ne sont pas rentables, parce qu’ils servent à subventionner une part importante des consommateurs qui utilisent déjà l’argent comptant ou la carte de débit, mais que les mesures incitatives non pécuniaires peuvent constituer une stratégie efficace dans le cas des transactions supérieures à 25 $.