Le ralentissement de la croissance du commerce international qui a été observé ces dernières années donne à penser que les exportations mondiales ont atteint un nouveau point d’équilibre, et cette faiblesse n’est pas le signe de difficultés imminentes, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

Dans un discours prononcé à New York devant des associations professionnelles canadienne et américaine du secteur des valeurs mobilières, M. Poloz s’est penché sur les facteurs cycliques et structurels touchant les échanges commerciaux internationaux, qui n’affichent plus la vive progression observée pendant les 20 années précédant la crise.

Durant l’avant-crise, a expliqué le gouverneur, les entreprises ont profité de l’intégration mondiale pour optimiser leurs chaînes d’approvisionnement transfrontières. Ce modèle du commerce d’intégration a non seulement contribué à la forte croissance du commerce international, mais il a aussi engendré des gains de productivité généralisés, fait grimper le revenu national et aidé les entreprises à prospérer.

« Le plus important facteur structurel à l’origine du ralentissement de la croissance du commerce réside dans le fait que les grandes occasions de renforcer l’intégration internationale ont déjà été largement exploitées », a fait remarquer M. Poloz. « En effet, la Chine ne peut intégrer l’OMC qu’une seule fois. » Le gouverneur a également indiqué que, pour que le commerce connaisse une nouvelle vague de croissance exceptionnelle, il faudra créer de nouvelles occasions d’intégration.

Les avantages de l’expansion du commerce au regard de la croissance s’accompagnent toutefois de coûts d’ajustement, et il incombe aux décideurs publics de contribuer à faciliter cet ajustement et à en amortir les effets, a affirmé M. Poloz.

Même en l’absence d’une nouvelle vague d’intégration, la croissance du commerce pourrait se redresser en partie à mesure que les vents contraires cycliques se dissiperont et que l’économie mondiale retournera à son plein potentiel, a souligné le gouverneur, signalant aussi une hausse possible de la croissance de la productivité.

M. Poloz a également évoqué un certain nombre d’autres raisons susceptibles d’expliquer pourquoi la productivité pourrait augmenter dans l’avenir malgré la décélération des échanges. Il a notamment mentionné la création attendue de nouvelles entreprises à mesure que l’économie mondiale poursuivra sa reprise, et le fait que les entreprises pourraient encore trouver de nouveaux gains d’efficience en améliorant les chaînes d’approvisionnement existantes.

« Si le commerce international a atteint un nouveau point d’équilibre, nous ne devrions pas nous inquiéter du fait que la croissance des exportations mondiales n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant la crise », a déclaré le gouverneur Poloz. La Banque du Canada continuera de s’appliquer à bâtir un environnement économique propice au commerce international, à la productivité et à la croissance, a-t-il conclu.