Je suis honoré de recevoir le Prix de la banque centrale de l’année au nom du personnel de la Banque du Canada. Et je suis particulièrement heureux d’être ici pour célébrer les réussites et les réalisations de banquiers centraux du monde entier, dont celles d’un bon ami, Lesetja Kganyago d’Afrique du Sud.

En janvier dernier, quand vous avez annoncé le lauréat de ce prix, vous avez publié un long compte rendu des raisons pour lesquelles Central Banking estime que nous méritions cette récompense. Je vous en sais gré, car l’article démontre combien le travail d’équipe est important à la Banque du Canada. Chaque employé, quel que soit son département, peut y voir ce que son propre travail apporte à une banque centrale parvenue à l’excellence. Des développeurs de modèles aux concepteurs de billets de banque en passant par les employés qui nous ont permis de réintégrer notre siège modernisé, tous ont participé à une entreprise collective remarquable avec un grand savoir-faire et un dévouement exemplaire. En cela, ce prix revient à tous les membres de notre formidable équipe.

Je tiens particulièrement à remercier Central Banking d’avoir souligné le travail que nous avons accompli en ce qui touche la conduite de la politique monétaire dans un contexte d’incertitude accrue. L’incertitude fait partie des axes de notre réflexion depuis que la crise financière mondiale a mis en évidence les limites de nos modèles et de nos connaissances. Et nous avons appris qu’il valait beaucoup mieux faire preuve de transparence et de sincérité sur l’incertitude qui prévaut et sa prise en compte, plutôt que d’en faire abstraction et de créer un faux sentiment de confiance.

Parce que de profondes incertitudes sont partout présentes, nous nous sommes mis à présenter la formulation de la politique monétaire non pas comme de la mécanique de précision, ainsi que certains pouvaient le penser, mais comme une démarche de gestion des risques. Pour donner aux observateurs et aux participants aux marchés des informations parfaitement sincères, nous avons cessé de leur fournir régulièrement des indications prospectives qu’ils en étaient venus à attendre de nous. La prise de cette décision n’a pas été sans quelques reproches. Mais je suis convaincu qu’une communication franche et ouverte sur la fonction de réaction de la Banque et les principaux risques que nous avons repérés est la meilleure approche qui soit. Il revient alors aux participants aux marchés d’interpréter les données et d’établir leurs propres prévisions quant à la trajectoire future des taux d’intérêt. Il aura fallu un certain temps, mais les marchés et les observateurs s’adaptent progressivement à notre approche.

Cette expérience souligne l’importance capitale que revêtent des communications ouvertes — à plus forte raison dans un monde où la défiance vis-à-vis des institutions publiques gagne du terrain. Nous avons fait le choix de la transparence, comme vous l’avez évoqué l’an dernier, et nous nous occupons des communications en les intégrant d’emblée au processus de planification de tous nos chantiers et non pas comme un élément dont il faut se soucier après coup. C’est ce qui nous a conduits à lancer certains des projets que vous avez décrits. Nous avons organisé un colloque structuré autour des questions les plus fondamentales pour notre cadre de politique monétaire et l’avons diffusé sur le Web. Nous avons suscité une participation sans précédent du public au processus de conception de nos billets de banque. Et nous avons donné toute latitude à nos chercheurs pour qu’ils produisent des études de la plus haute qualité sans avoir à se préoccuper du point de vue officiel de la Banque.

Je terminerai donc en réitérant mes remerciements à Central Banking pour cette distinction. Cet honneur représente beaucoup pour nous tous à la Banque du Canada. Je sais que je ne serais pas ici sans les efforts acharnés de chacun des membres de notre équipe. Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’apport des meilleurs employés du monde. Ils ont toute ma reconnaissance.

Merci.