Les exigences en matière de liquidité prudentielle sont une mesure de réglementation relativement récente sur la scène internationale. Elles ont été introduites dans le cadre de l’accord de Bâle III sous forme de ratios de liquidité à court terme et à long terme. Dans le présent document, j’explique d’abord en quoi la réglementation de la liquidité bancaire se justifie. Je souligne ainsi les défaillances du marché qu’elle vise à corriger, tout en passant en revue les principaux apports théoriques à l’appui de la réglementation de la liquidité prudentielle. Je présente ensuite certaines études empiriques traitant des effets de ces règles sur les banques et sur l’ensemble du système. Il en ressort que, malgré le fait que les banques réagiraient aux exigences contraignantes en augmentant leur financement à long terme ainsi qu’en réduisant l’asymétrie des échéances, il y aurait tout de même eu une hausse des risques pesant sur le système financier. Dans un contexte où la liquidité et les fonds propres des banques sont réglementés, il convient de se pencher sur les interactions entre ces deux éléments. De plus en plus nombreuses, les études à ce sujet en viennent essentiellement aux conclusions suivantes : 1) les exigences de liquidité tendent à faciliter le respect des contraintes en matière de fonds propres, mais ces dernières semblent plus coûteuses à respecter; 2) ces deux formes de réglementation ont un effet non négligeable sur la stabilité financière. Je conclus sur les possibilités à explorer à l’occasion de la mise en oeuvre des normes de liquidité de Bâle III au Canada.