Les changements apportés aux politiques de financement du logement visant les prêts hypothécaires assurés ont mené à l’expansion des prêts non assurés. Cette croissance robuste a augmenté le volume de créances hypothécaires susceptibles d’être transformées en titres du secteur privé adossés à des créances hypothécaires résidentielles (TACHR). Le développement et la viabilité d’un marché privé canadien des TACHR dépendent des caractéristiques des sûretés sous-jacentes. Nous remédions à l’insuffisance de données à cet égard en comparant les principales caractéristiques des prêts hypothécaires non assurés consentis depuis 2014 par deux groupes d’institutions financières fédérales : les banques d’importance systémique nationale (BISN) et les institutions autres que des BISN. Nous constatons que, en moyenne, les créances hypothécaires de ces dernières présentent des caractéristiques plus risquées que celles des BISN, notamment un pointage de crédit plus faible et des ratios du service de la dette et prêt/revenu plus élevés. Compte tenu des créances de première qualité données en nantissement à ce jour pour les TACHR canadiens, nous estimons à environ 17 milliards de dollars le potentiel de titrisation des créances hypothécaires émises par des institutions autres que des BISN depuis 2014. Pour accroître ce potentiel, il faudrait adopter des mesures qui augmentent le volume des prêts hypothécaires admissibles.