En nous appuyant sur l’analyse structurelle résiduelle de Barnett et Charbonneau (2015), nous décomposons les parts de marché du Canada dans les importations américaines, européennes et chinoises de biens non énergétiques en trois parties : la compétitivité, l’évolution des préférences et un terme d’interaction. Nous constatons que, malgré la dépréciation du dollar, le Canada a continué de perdre des parts de marché de 2014 à 2017 (environ 0,4 point de pourcentage par année sur quatre ans). Les pertes de compétitivité touchent l’ensemble des secteurs et s’étalent dans le temps. Les pertes dues à l’évolution des préférences se sont stabilisées depuis 2012 et se concentrent dans les véhicules automobiles et leurs pièces, les produits forestiers et les matériaux de construction et d’emballage. La part du Canada dans les importations européennes et chinoises de biens non énergétiques est demeurée stable à environ 2 % et 1 %, respectivement. Toutefois, dans chaque cas, un secteur clé compense les pertes de compétitivité dans un large éventail de secteurs. Les exportations canadiennes sur certains marchés se sont effondrées au cours des dernières années (p. ex., petits camions, appareils électriques pour la téléphonie), ce qui donne à penser qu’une partie de la capacité d’exportation a été perdue (ou autrement réaffectée à la suite d’un changement de mandat). De plus, nous constatons que la part de marché du Canada dans les importations américaines de services a été érodée par la vive concurrence des marchés émergents, comme l’Inde. Enfin, l’évolution des prix relatifs semble expliquer en partie le manque de compétitivité du Canada par rapport au Mexique et à la Chine pour les importations américaines de biens non énergétiques, plus particulièrement les véhicules automobiles et leurs pièces et les biens de consommation.