Les parts de marché aux États-Unis des pays exportateurs de produits non énergétiques ont beaucoup évolué depuis 2002, affichant une volatilité variable au cours de trois sous-périodes : avant-crise (2002-2007), crise (2007-2009) et après-crise (2009-2014). Dans cette étude, les auteurs analysent les parts de marché de quatre des principaux partenaires commerciaux des États-Unis (Canada, Mexique, Chine et Japon). Au moyen d’une analyse structurelle résiduelle, ils décomposent les variations des parts de marché globales en trois effets : variations liées aux modifications réelles des parts de marché des divers produits, modifications de la composition de la demande américaine d’importations et interaction entre ces deux effets. Leur analyse montre qu’il est important de séparer ces effets, car les modifications des parts de marché selon les produits expliquent une portion variable des mouvements de l’ensemble des parts de marché entre les pays et entre les périodes. Plus précisément, les auteurs constatent que les deux tiers du recul de la part du marché américain des exportations canadiennes sont attribuables à des modifications des parts de marché des divers produits et que ces pertes étaient relativement stables tout au long des sous-périodes. En revanche, les pertes associées à une modification de la composition de la demande américaine d’importations ont été les plus importantes durant la crise et ont, dans les faits, appuyé les parts de marché du Canada depuis 2009. Les auteurs observent également que presque les trois quarts de la perte totale de parts de marché du Canada étaient concentrés dans deux secteurs : 1) les véhicules et pièces automobiles et 2) les produits forestiers ainsi que les matériaux de construction et d’emballage. Le recul des parts de marché des exportations japonaises vers les États-Unis a été très similaire à celui enregistré par le Canada au cours de la même période. À l’inverse, les parts de marché de la Chine et du Mexique ont progressé entre 2002 et 2014. La Chine a vu croître principalement les parts de marché de ses divers produits, tandis que le Mexique a profité de modifications favorables de la demande américaine d’importations.