Dans cette étude, nous proposons un moyen simple, qui ne recourt à aucun modèle, de mesurer la sélection des prix et les effets que cette dernière peut avoir sur l’inflation. Il y a sélection des prix lorsque les prix qui changent en réaction à des chocs globaux ne sont pas représentatifs de l’ensemble des prix. La sélection peut amplifier la hausse (ou la baisse) de l’inflation puisque les prix qui s’ajustent étaient au départ très inférieurs (ou très supérieurs) à la moyenne. L’analyse de données microéconomiques détaillées sur les prix à la consommation au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada, montre de façon concluante une forte sélection des prix pour les biens et les services. À un niveau désagrégé, la sélection des prix représente environ 36 % de la variance de l’inflation au Royaume-Uni et aux États-Unis, et 28 % au Canada. La sélection des prix est plus forte dans le cas des biens ayant des variations de prix moins fréquentes ou en moyenne plus prononcées. L’agrégation élimine en grande partie la sélection des prix pour ce qui est des variations des prix réguliers, mais pas des prix réduits. Ces observations plaident pour les modèles multisectoriels à prix rigides avec une forte sélection des prix au niveau sectoriel.