Il y a un risque que les membres du personnel de la Banque du Canada soient involontairement partiaux dans leur analyse de l’inflation : lorsqu’une baisse imprévue de l’inflation survient, ils risquent d’accentuer les facteurs idiosyncratiques négatifs. Et inversement, lorsqu’une hausse imprévue de l’inflation se produit, ils risquent d’accentuer les facteurs idiosyncratiques positifs. Le présent document vise à créer une mesure systématique des prix idiosyncratiques (MSPI) qui permettrait une évaluation non biaisée des facteurs temporaires agissant sur l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada. La MSPI se fonde sur cinq critères pour établir qu’une composante de l’IPC est relativement plus idiosyncratique qu’une autre, à savoir : une volatilité élevée, une faible persistance, un faible degré de corrélation avec les variations communes des composantes de l’IPC, un faible degré de corrélation avec l’écart de production et des variations extrêmes pendant la période courante. Les composantes prises en compte par la MSPI expliquent en grande partie l’écart de l’inflation par rapport à la cible pour l’échantillon analysé, après neutralisation de l’effet de l’écart de production sur l’inflation. Pour le troisième trimestre de 2018, en ce qui a trait aux composantes et à leur contribution à l’écart de l’inflation par rapport à la cible, les résultats de la MSPI appuient ce qui était expliqué dans le Rapport sur la politique monétaire d’octobre 2018, soit que l’inflation mesurée par l’IPC se situe actuellement au-dessus de la cible en raison de facteurs temporaires.