La Banque du Canada évaluera tout un ensemble de cadres de conduite de la politique monétaire en prévision du renouvellement, en 2021, de l’entente de maîtrise de l’inflation, entente que le gouvernement fédéral et la Banque renouvellent tous les cinq ans. C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui la première sous-gouverneure, Mme Carolyn A. Wilkins, à l’École de politiques publiques Max Bell de l’Université McGill.

« Notre régime de ciblage de l’inflation a sans aucun doute favorisé le bien-être économique et financier des Canadiens, a-t-elle affirmé. Les dix années d’expérience accumulées depuis la crise nous ont toutefois enseigné qu’il n’est pas parfait. Il est temps de réévaluer les autres options. »

L’examen prendra en compte deux problèmes qui sont apparus depuis la crise. Premièrement, d’après les estimations de la Banque, le taux d’intérêt neutre est plus bas qu’avant, ce qui réduit la marge de manœuvre de la politique monétaire traditionnelle lors d’un ralentissement économique. Deuxièmement, la faiblesse du taux neutre peut encourager les ménages et les investisseurs à prendre des risques excessifs, exposant ainsi l’économie à des cycles financiers d’expansion et de contraction abruptes.

Le programme de recherche de la Banque sera axé sur une évaluation comparative approfondie des cadres envisageables. Dans son discours, Mme Wilkins a abordé des questions qui se posent encore relativement aux différentes options, dont le relèvement de la cible d’inflation, la fixation d’une trajectoire cible pour le niveau global des prix ou le revenu nominal, et l’adoption d’un double mandat.

Ce programme mettra aussi l’accent sur les options de renforcement des diverses mesures de politique monétaire non traditionnelles auxquelles l’institution peut recourir au besoin. Ce faisant, la Banque nouera le dialogue avec le milieu universitaire et d’autres banques centrales, ainsi qu’avec un large éventail d’intervenants du secteur privé et des Canadiens que ces questions intéressent.

« Nous devons miser sur la simplicité, et nous concentrer sur des objectifs clairs que la politique monétaire peut réellement atteindre. Nous devons aussi évaluer son incidence sur les gens, a soutenu la première sous-gouverneure Wilkins. Nous devrons améliorer nos méthodes pour prendre en compte des facteurs comme les effets de redistribution et la stabilité financière. Nous devrons enfin veiller à ce que les outils et les mesures de politiques publiques appropriés soient disponibles pour faire face à d’éventuelles circonstances exceptionnelles. »