Dans cette étude, nous nous intéressons à l’incidence, sur les prêts octroyés aux entreprises par les banques et sur le plan macroéconomique, de la politique d’expansion du crédit menée par la Chine pour stimuler l’économie après la crise. Nous construisons un modèle structurel incorporant des frictions financières qui suppose que le prêt optimal reflète l’arbitrage entre le ratio de levier et la probabilité de défaillance. Les autorités chinoises favorisent l’expansion du crédit en garantissant, en partie, des prêts consentis par les banques : 1) aux producteurs en général ou 2) aux entreprises qui participent à des projets d’infrastructure. Nous montrons que, dans le premier cas de figure, des chocs de crédit plus persistants entraînent un effet multiplicateur du crédit plus important pour tous les horizons étudiés, la constante atténuation des contraintes d’emprunt subies par les entreprises offrant des avantages qui l’emportent sur les coûts associés à un accroissement des prêts non productifs. Nous montrons également qu’une expansion du crédit ciblée et continue fait augmenter la production de biens d’infrastructure. Cependant, une telle production ne fait pas que stimuler le stock de capital public et générer des externalités positives, elle a aussi un effet d’éviction sur l’investissement privé et la consommation. Dans le cas d’un assouplissement ciblé et de courte durée du crédit, l’effet expansionniste du capital public domine, dynamisant la production. Mais à moyen terme, à mesure que l’expansion du crédit se poursuit, l’action restrictive de la faiblesse de l’investissement privé commence à dépasser l’action expansionniste du capital public.