Dans la présente étude, nous montrons tout d’abord que les entreprises ont un comportement d’épargne contracyclique, qui varie de façon non monotone avec leur taille. Nous élaborons ensuite un modèle d’équilibre général dynamique et stochastique intégrant des entreprises hétérogènes pour expliquer cette tendance et en étudier l’incidence sur les cycles économiques. En présence de frictions financières et de coûts fixes d’exploitation, un choc de productivité négatif persistant laisse augurer de faibles revenus futurs et incite les entreprises à détenir plus de liquidités pour préserver leur souplesse sur le plan financier et continuer à fonctionner normalement. La relation entre ce comportement contracyclique et la taille des entreprises se traduit par une courbe en bosse. Comparativement aux moyennes entreprises, les petites entreprises bénéficient d’une productivité marginale du capital plus élevée, et donc de meilleures possibilités d’investissement, rendant l’accumulation de liquidités moins attrayante. Quant aux grandes entreprises, elles ont davantage d’actifs à donner en garantie et nécessitent donc moins de liquidités. Nous constatons qu’en moyenne, les entreprises accroissent leurs liquidités en réduisant leurs investissements et leur personnel en période de récession. La production globale s’en voit ainsi réduite, et les fluctuations économiques augmentent. C’est donc dire que l’épargne des entreprises amplifie les chocs globaux.