Constatant que les données d’enquête sur les rendements attendus des actions ne correspondent pas aux anticipations rationnelles fondées sur des probabilités réelles, nous examinons si elles pourraient concorder avec d’autres hypothèses soulevées dans la littérature sur les anticipations relatives à l’évaluation des actifs. Nous faisons l’étude empirique de deux hypothèses : 1) les prévisions des rendements futurs sont rationnelles, mais neutres face au risque et 2) les prévisions des rendements futurs se caractérisent par une aversion pour l’ambiguïté et une recherche de robustesse. Il ressort que ces hypothèses sont elles aussi fortement rejetées par les données, mais pas pour les mêmes raisons. La première hypothèse est rejetée parce que les prévisions ne cadrent pas avec les taux d’intérêt sans risque et que les rendements excédentaires espérés sont prévisibles. La seconde est rejetée parce que les agents ne sont pas toujours pessimistes à l’égard des rendements futurs : au contraire, leurs anticipations sont souvent excessivement optimistes. Nous tentons de déterminer quelles théories relatives aux anticipations pourraient être compatibles avec les résultats d’enquête.