La dette mondiale est aujourd’hui de 100 000 milliards de dollars américains supérieure à ce qu’elle était tout juste avant l’éclatement de la crise financière, et représente plus du triple du produit intérieur brut mondial. Ce vent contraire qui souffle sur la croissance rend le système financier vulnérable, a déclaré aujourd’hui la première sous-gouverneure Carolyn A. Wilkins.

Dans un discours prononcé devant l’École d’économie de Vancouver de l’Université de la Colombie-Britannique et la CFA Society Vancouver, Mme Wilkins a présenté les situations particulièrement préoccupantes qu’engendre l’endettement élevé des ménages, des administrations publiques et des sociétés dans diverses régions du monde.

« Que vous soyez propriétaires d’un logement ou chefs d’entreprise, vous savez par expérience qu’un levier d’endettement élevé peut vous rendre vulnérables sur le plan financier, a fait remarquer Mme Wilkins. Il en va de même pour les économies. »

La première sous-gouverneure a exposé comment d’importantes mesures de protection ont été mises en place ou, dans certains cas, renforcées depuis la crise financière mondiale. Grâce aux réformes de Bâle III, les banques actives sur les marchés mondiaux sont mieux dotées en fonds propres, détiennent plus d’actifs liquides et mènent leurs activités en ayant moins recours au levier d’endettement. La Chine a adopté une réglementation plus rigoureuse et assure une supervision plus attentive de son secteur financier. De plus, une croissance économique continue et de saines politiques macroéconomiques rendront le fardeau de la dette publique plus soutenable.

« À bien des égards, le système financier international est en meilleure posture qu’il ne l’était en 2007, a ajouté Mme Wilkins. Cela dit, il faut faire plus pour réduire davantage les risques de déterioration. »

Une résolution durable de la guerre commerciale en cours figure au haut de la liste de Mme Wilkins, car « ce conflit menace la croissance partout dans le monde à l’heure actuelle ». La première sous-gouverneure approuve aussi les tests de résistance des banques canadiennes et voit d’un bon œil que ce type d’analyse soit étendu aux institutions financières non bancaires, comme les gestionnaires d’actifs. Il faut également que les autorités de réglementation maintiennent à jour leurs politiques macroprudentielles et autres outils pour remédier aux vulnérabilités localisées. Pour leur part, les particuliers devraient eux aussi se soumettre à leurs propres tests de résistance afin de s’assurer que leur dette est soutenable.

« Des politiques budgétaires et monétaires crédibles, ainsi que des mesures souples de protection du système financier, sont indispensables pour limiter les vulnérabilités et favoriser la résilience à long terme pour tous les pays », a conclu Mme Wilkins.