Nous recourons à des expériences contrôlées de laboratoire pour évaluer l’influence des communications des banques centrales sur les attentes économiques et connaître les mécanismes sous-jacents qui facilitent cette influence. Les résultats d’une expérience dans le cadre de laquelle les sujets apprennent à prévoir l’évolution de variables économiques montrent que les communications des banques centrales ont un effet stabilisateur sur les prévisions individuelles et regroupées et que l’ampleur de cet effet varie en fonction du type de communication. Ainsi, les indications rétrospectives concernant les modifications du taux directeur produisent les effets les plus importants. Elles réduisent, respectivement de l’ordre d’un tiers et des deux tiers, la volatilité des prévisions individuelles quant aux prix et aux dépenses, font baisser de moitié la volatilité de l’inflation et renforcent la stabilité du niveau des prix. Les annonces prospectives qui se rapportent aux projections et aux indications fournies au sujet des décisions à venir sur la trajectoire du taux directeur ont moins d’incidence sur les projections individuelles, surtout si le moment où les modifications annoncées entreront en vigueur n’est pas précisé. Nos constatations n’établissent aucun lien entre les effets des communications et la capacité des sujets à prédire les taux d’intérêt nominaux. En revanche, les annonces rétrospectives claires et pertinentes qui ont une forte influence sur les prévisionnistes moins fiables prouvent l’utilité des communications. Pour les banques centrales, élargir l’accès du public à l’information qu’elles détiennent constitue une avenue prometteuse pour l’amélioration de leurs communications.

Voir aussi : Matériel supplémentaire (en anglais seulement)