En nous fondant sur des données relatives au différend sur le bois d’oeuvre résineux qui oppose depuis de nombreuses années le Canada et les États-Unis, nous examinons les effets de politiques commerciales protectionnistes sur l’intégration des marchés nationaux et internationaux. Les avantages de la libéralisation des échanges sont largement reconnus et comprennent une meilleure transmission des prix du marché intérieur aux marchés étrangers en raison de la réduction des droits de douane et des coûts des échanges commerciaux entre les pays. Nous constatons toutefois ces dernières années une relance des politiques commerciales protectionnistes ayant pour but de protéger certains groupes à l’échelle nationale, comme les producteurs. De telles politiques pourraient améliorer la transmission des prix sur les marchés intérieurs, les consommateurs étant susceptibles de chercher des solutions moins coûteuses au pays plutôt qu’à l’étranger. Nous analysons ces idées à l’aide d’un modèle vectoriel à correction d’erreurs à seuil, bivarié et comportant trois régimes afin d’examiner la transmission spatiale des prix entre les marchés canadien et américain et sur les marchés intérieurs aux États-Unis. Pour ce faire, nous introduisons un point de rupture structurel au début d’une période de libre-échange donnée comprise dans notre échantillon. Les résultats donnent à penser que l’importation en franchise de droits de douane de bois d’oeuvre résineux canadien réduit considérablement les coûts de transaction entre les deux pays. Les prix se transmettent ainsi plus facilement et plus rapidement du marché canadien au marché américain, mais dans le sens opposé, la rapidité de transmission n’est pas statistiquement significative. Sur le marché intérieur des États-Unis, la vitesse d’ajustement des prix entre les régions était plus grande avant la période de libre-échange, ce qui tend à indiquer que les politiques protectionnistes permettent une meilleure intégration du marché intérieur.