À la fin de 2015, tous les principaux opérateurs de réseau mobile américains ont cessé d’offrir des contrats à long terme auxquels étaient associés des frais de résiliation anticipée. Afin d’évaluer les effets de ce changement sur le bien-être des consommateurs et les profits des opérateurs, nous avons utilisé un modèle théorique et un modèle structurel empirique. Notre analyse théorique suggère deux scénarios dans le marché de la téléphonie mobile : dans le premier, toutes les entreprises imposent des frais de résiliation anticipée; dans le deuxième, aucune n’en impose. Nous constatons qu’en raison des attentes des consommateurs, les frais de résiliation anticipée peuvent renforcer la concurrence entre les opérateurs de réseau mobile et exercer d’importantes pressions à la baisse sur les prix.

Fait intéressant, les frais de résiliation anticipée ne sont pas nécessairement néfastes pour les consommateurs ni avantageux pour les entreprises. En présence de coûts de transfert élevés, les consommateurs sont moins aptes à répondre aux changements de prix et de qualité du produit en changeant d’opérateur. Cela réduit les différences perçues entre les produits concurrents, ce qui fait d’eux des substituts plus proches et limite la capacité des entreprises à majorer leurs frais. Les prix d’équilibre peuvent être si bas que les consommateurs paieraient moins cher si des frais de résiliation anticipée étaient en place et restreignaient leur choix. Selon cette logique, les entreprises peuvent fixer des prix plus élevés et obtenir des profits plus importants en l’absence de frais de résiliation anticipée.

D’après notre analyse, le bien-être des consommateurs augmenterait considérablement si les frais de résiliation anticipée étaient éliminés mais que les frais de service étaient maintenus au même niveau. Pour que le bien-être des consommateurs diminue et revienne à son niveau initial, il faudrait que les frais de service augmentent d’au moins 30 à 40 %. Or nous estimons que, sans frais de résiliation anticipée, les entreprises augmenteraient leurs prix de seulement 2 à 5 % environ, améliorant ainsi catégoriquement la situation des consommateurs. Bien que le fait d’éliminer les frais de résiliation anticipée occasionne une hausse des frais de service mensuels, l’effet global de cette action sur le profit des entreprises n’est pas clair, car celles-ci n’obtiennent plus les revenus des frais de résiliation anticipée. Nous concluons que si les coûts engagés pour traiter les paiements relatifs aux frais de résiliation anticipée sont assez élevés, le nouvel équilibre qui se dégage en l’absence de ces frais avantagerait tant les consommateurs que les opérateurs de réseau mobile.