La Banque du Canada maintiendra le taux directeur au niveau actuel jusqu’à l’atteinte de l’objectif d’inflation, et rééquilibre son programme d’assouplissement quantitatif

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La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à sa valeur plancher de ¼ %. Le taux officiel d’escompte demeure donc à ½ %, et le taux de rémunération des dépôts, à ¼ %. La Banque maintient ses indications prospectives exceptionnelles, auxquelles son programme d’assouplissement quantitatif s’ajoute tout en les renforçant. La Banque rééquilibre actuellement ce programme de façon à privilégier l’achat d’obligations à plus long terme, qui ont une influence plus directe sur les taux d’emprunt les plus importants pour les ménages et les entreprises. En même temps, le montant total minimum des achats sera réduit graduellement à 4 milliards de dollars par semaine. Le Conseil de direction juge que compte tenu de ces ajustements combinés, le programme d’assouplissement quantitatif fournit une détente monétaire au moins aussi forte qu’avant.

Les perspectives de l’économie mondiale et de l’économie canadienne ont évolué essentiellement comme prévu dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de juillet : l’expansion rapide qui a accompagné la réouverture des économies a fait place à une croissance plus lente, malgré d’importantes capacités excédentaires restantes. Pour la période à venir, l’augmentation des cas de COVID-19 devrait peser sur les perspectives économiques dans bien des pays, et la croissance continuera de reposer largement sur les mesures de soutien des autorités publiques.

Aux États-Unis, la croissance du PIB a nettement rebondi, mais semble ralentir considérablement. En Chine, la production économique est revenue à ses niveaux d’avant la pandémie et la reprise continue de se généraliser. Les économies émergentes ont été plus durement touchées, surtout celles où il y a eu d’importantes éclosions du virus. En Europe, la reprise ralentit dans le contexte des confinements qui s’intensifient. Dans l’ensemble, le PIB mondial devrait se contracter d’à peu près 4 % en 2020, puis croître d’un peu plus de 4½ % en moyenne en 2021 et 2022.

Les prix du pétrole restent environ 30 % inférieurs à leurs niveaux d’avant la pandémie. En revanche, les prix des produits de base non énergétiques ont, en moyenne, amplement regagné le terrain perdu. Malgré la faiblesse des prix du pétrole qui persiste, le dollar canadien s’est apprécié depuis juillet, ce qui s’explique en grande partie par une dépréciation généralisée du dollar américain. 

Au Canada, le rebond de l’emploi et du PIB a été plus prononcé que prévu pendant la réouverture de l’économie au cours de l’été. L’économie passe maintenant à une phase de récupération plus modérée. Au quatrième trimestre, la croissance devrait ralentir de façon marquée, en partie à cause du nombre grandissant de cas de COVID-19. Les effets économiques de la pandémie sont très inégaux d’un secteur à l’autre et touchent plus particulièrement les travailleurs à faible revenu. Compte tenu de ces difficultés, les gouvernements ont prolongé et modifié les programmes de soutien aux entreprises et au revenu des ménages.

La Banque s’attend à ce que l’économie canadienne se contracte d’environ 5½ % en 2020 et progresse de près de 4 % en moyenne en 2021 et 2022. La croissance sera vraisemblablement en dents de scie, étant donné que la demande intérieure est influencée par l’évolution du virus et son incidence sur la confiance des consommateurs et des entreprises. Compte tenu des effets à long terme probables de la pandémie, la Banque a revu à la baisse son estimation de la croissance potentielle du Canada durant la période de projection.

L’inflation mesurée par l’IPC se situait à 0,5 % en septembre et devrait demeurer en deçà de la fourchette de 1 à 3 % visée par la Banque jusqu’au début de 2021, principalement en raison des bas prix de l’énergie. Les mesures de l’inflation fondamentale sont toutes inférieures à 2 %, ce qui cadre avec une économie où la demande a connu une chute plus prononcée que l’offre. La Banque s’attend à ce que l’inflation demeure sous la cible tout au long de la période de projection.

Pendant la phase de récupération, des mesures de politique monétaire exceptionnelles devront continuer de soutenir l’économie. Le Conseil de direction maintiendra le taux directeur à sa valeur plancher jusqu’à ce que les capacités excédentaires dans l’économie se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de manière durable. Selon notre projection actuelle, cela ne se produira qu’au cours de 2023. La Banque poursuit son programme d’assouplissement quantitatif et le rééquilibre de la façon décrite ci-dessus. Ce programme sera maintenu jusqu’à ce que la reprise soit bien engagée. Nous sommes déterminés à procurer le niveau de détente monétaire nécessaire pour soutenir la reprise et atteindre l’objectif d’inflation.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 9 décembre 2020. La nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes seront publiées dans le RPM que la Banque fera paraître le 20 janvier 2021.

Type(s) de contenu : Médias, Communiqués

Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2020

La Banque s’attend à ce que l’économie canadienne progresse de près de 4 % en moyenne en 2021 et en 2022, après une contraction de 5½ % en 2020.

Rapport sur la politique monétaire - Conférence de presse (Diffusions) - Octobre 2020

Publication du Rapport sur la politique monétaire - Conférence de presse donnée par le gouverneur Tiff Macklem et la première sous-gouverneure Carolyn A. Wilkins. (vers 11 h, heure de l’Est).

Rapport sur la politique monétaire – Déclaration préliminaire à la conférence de presse

Le gouverneur, Tiff Macklem, traite des principaux enjeux liés aux délibérations du Conseil de direction entourant la décision relative au taux directeur et le Rapport sur la politique monétaire.