Rapport sur la politique monétaire – Déclaration préliminaire à la conférence de presse

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Bonjour. La première sous-gouverneure Wilkins et moi sommes heureux que vous soyez des nôtres pour discuter de l’annonce d’aujourd’hui et du Rapport sur la politique monétaire (RPM).

Ce qu’il faut retenir aujourd’hui, c’est que l’économie va prendre pas mal de temps à se remettre complètement de la pandémie de COVID-19. La Banque du Canada va continuer d’apporter une détente monétaire pour soutenir l’économie pendant la reprise.

Avant de répondre à vos questions, permettez-moi de parler un peu de nos discussions sur la politique monétaire.

Évidemment, le Conseil de direction a discuté abondamment de la situation actuelle de la pandémie et de ses répercussions sur notre économie. En bref, ce qui va se passer dépend vraiment de la façon dont la pandémie va évoluer. Nous fondons nos perspectives sur certaines hypothèses à propos du virus.

Nous postulons que les autorités n’auront pas à réimposer des mesures de confinement aussi vastes et généralisées qu’au printemps. Mais nous pouvons nous attendre à ce que des restrictions localisées et ciblées soient imposées pour contrer les vagues successives du virus. La nécessité d’imposer ces restrictions va varier, et diminuer graduellement avec le temps. Nous postulons aussi que des vaccins et des traitements efficaces seront offerts à la population générale d’ici le milieu de 2022. Enfin, nous nous attendons à ce que la pandémie ait des effets à long terme sur la croissance économique dans l’avenir.

Nous comprenons mieux qu’au printemps les effets économiques du confinement et l’impact des programmes d’aide publics. Nous savons aussi que le virus sera présent encore un certain temps. Le Conseil de direction a donc décidé de revenir à ses pratiques habituelles et de fournir une projection de croissance et d’inflation dans le RPM. Mais il est important de comprendre que la projection repose fortement sur nos hypothèses à propos du virus.

Comme on s’y attendait, l’économie canadienne a rebondi au troisième trimestre avec la réouverture de nombreux commerces. En fait, le rebond a été un peu plus fort que nous l’avions anticipé dans le RPM de juillet, mais il manque encore plus de 700 000 emplois par rapport au niveau d’avant la pandémie. Pour mettre ces chiffres en perspective, rappelons que le sommet atteint durant la Grande Récession il y a un peu plus de dix ans avait été d’environ 425 000 emplois perdus.

Les pertes d’emplois actuelles sont concentrées dans le secteur des services. Il s’agit surtout d’emplois peu rémunérés, exercés dans un environnement où il est difficile de maintenir une distanciation physique. C’est pourquoi les programmes de soutien au revenu mis en place ont été si importants pour la reprise. Ils ont protégé les plus vulnérables et soutenu les dépenses des ménages, ce qui a favorisé la reprise de la consommation. L’activité sur le marché du logement s’est aussi nettement redressée au troisième trimestre, les ventes ayant regagné le terrain perdu pendant la phase de confinement.

Mais mis à part les dépenses des ménages et des administrations publiques, l’économie a connu des difficultés. Les investissements et les exportations se sont accrus, mais ils continuent d’être freinés par l’incertitude et la faible demande. Parallèlement, le dollar canadien a été un peu plus fort que nous l’avions postulé en juillet, malgré les prix du pétrole qui demeurent bas.

Le Conseil de direction estime que la croissance très rapide observée pendant la phase de réouverture est maintenant terminée et que nous sommes passés à la phase de récupération, pendant laquelle la croissance sera plus lente. Au quatrième trimestre, celle-ci devrait être tout juste positive, donc plus faible que nous l’avions anticipé en raison de la recrudescence des infections à la COVID-19. Nous nous attendons à ce que, sur l’ensemble de 2020, l’économie se soit contractée d’environ 5½ %.

En 2021 et 2022, la croissance annuelle devrait atteindre près de 4 % en moyenne, étant tirée par les dépenses des ménages. Mais cette croissance devrait être inégale d’un secteur à l’autre et évoluer en dents de scie. Certains secteurs de l’économie ne pourront pas rouvrir complètement avant qu’un vaccin soit accessible à la population générale. La reprise va donc se faire à une vitesse très différente selon le secteur. De plus, comme les taux d’infection vont fluctuer, l’activité économique va continuer d’être affectée par les mesures de confinement et par la prudence des consommateurs et des entreprises. Les investissements des entreprises devraient rester faibles à cause de l’incertitude qui persiste, et les exportations devraient progresser, mais lentement. Tout compte fait, le Conseil de direction s’attend à ce que l’économie continue de tourner en deçà de son potentiel jusque dans le courant de 2023.

Parlons maintenant de l’inflation – qui est au cœur de notre mandat. Selon les plus récentes données, l’inflation mesurée par l’IPC se situe à 0,5 %, et devrait se maintenir sous notre fourchette cible de 1 à 3 % jusqu’au début de l’année prochaine. On s’attend ensuite à ce qu’elle augmente graduellement, mais reste inférieure à 2 % durant la période de projection.

Le Conseil de direction a aussi passé pas mal de temps à discuter des défis à plus long terme. Nous savons qu’à cause de la pandémie, les investissements diminuent et que certaines personnes risquent de voir leurs perspectives d’emploi compromises pendant une longue période. Ces forces réduiront le potentiel économique du Canada. Nous avons revu nettement à la baisse notre estimation de la croissance potentielle du pays, pour l’établir à environ 1 % par année jusqu’à la fin de 2023.

J’ai expliqué plus tôt que nos perspectives dépendent largement des hypothèses à propos du virus. Mais elles sont aussi entachées de plusieurs risques importants. Par exemple, il est possible que la consommation soit plus forte que prévu si les ménages dépensent rapidement l’épargne qu’ils ont accumulée depuis le début de la pandémie. En revanche, un revers de l’économie pourrait entraîner un resserrement marqué des conditions financières, ce qui ralentirait davantage la croissance et l’inflation.

Le Conseil de direction estime que les risques entourant la projection sont assez équilibrés. Mais il ne faut pas oublier que le taux directeur est fixé à sa valeur plancher et que l’inflation est bien en deçà de la cible. Nous portons donc une attention particulière aux risques à la baisse qui pèsent sur notre projection.

Compte tenu de ces perspectives, le Conseil de direction a convenu que des mesures de politique monétaire exceptionnelles devront continuer de soutenir l’économie. Par conséquent, nous maintiendrons le taux directeur à sa valeur plancher jusqu’à ce que les capacités excédentaires dans l’économie se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de manière durable. Selon notre projection actuelle, cela se produira au cours de 2023.

Nous fournissons des indications prospectives exceptionnelles et une projection économique complète afin de donner le plus de précisions possible aux Canadiens dans un contexte d’incertitude considérable.

Notre programme d’assouplissement quantitatif s’ajoute à nos indications prospectives et vient les renforcer. Nous rééquilibrons actuellement notre programme d’achat d’obligations du gouvernement et je tiens à prendre quelques instants pour expliquer ce que nous faisons et pourquoi.

Au début de la pandémie, nos achats d’obligations avaient pour objectif de rétablir les conditions ordonnées sur les marchés. Pour ce faire, nous avons acheté surtout des obligations à plus court terme, dont les volumes d’émissions étaient plus importants. Maintenant que les marchés fonctionnent bien et que les rendements des obligations à plus court terme sont bien ancrés par nos indications prospectives, nous pouvons nous concentrer davantage sur nos achats d’obligations à plus long terme. Nous augmentons ainsi la détente monétaire fournie par chaque dollar investi, en visant plus directement les taux d’emprunt les plus pertinents pour les ménages et les entreprises.

Étant donné l’impact attendu de l’achat d’obligations à plus long terme, le Conseil de direction juge qu’avec la réduction graduelle du montant total minimum de nos achats, qui passe de 5 milliards de dollars à 4 milliards de dollars par semaine, notre programme d’assouplissement quantitatif continuera de fournir une détente monétaire au moins aussi forte qu’avant. Les changements apportés vont accroître l’efficacité du programme.

Le programme d’assouplissement quantitatif va se poursuivre jusqu’à ce que la reprise soit bien amorcée. Nous sommes déterminés à procurer le niveau de détente monétaire nécessaire pour soutenir la reprise et atteindre l’objectif d’inflation.

Sur ce, la première sous-gouverneure Wilkins et moi serons heureux de répondre à vos questions.

Rapport sur la politique monétaire – Octobre 2020

La Banque s’attend à ce que l’économie canadienne progresse de près de 4 % en moyenne en 2021 et en 2022, après une contraction de 5½ % en 2020.

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