Allocative Efficiency and Aggregate Productivity Growth in Canada and the United States

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Nous examinons deux faits étonnants concernant la croissance de la productivité du travail – mesurée selon la production réelle par travailleur – au Canada et aux États-Unis. Premièrement, la croissance de la productivité du travail aux États-Unis a ralenti de façon considérable dans les années 1970 et 2000. Deuxièmement, la croissance de la productivité du travail au Canada est inférieure à celle des États-Unis depuis les 30 dernières années, ce qui a provoqué un élargissement de l’écart de productivité entre les deux pays.

Nous mesurons l’efficience allocative – soit la répartition efficiente des facteurs de production entre les secteurs – au moyen d’un cadre théorique comportant une économie multisectorielle à valeur ajoutée et une économie structurée par entrées-sorties. Nous décomposons ensuite la croissance de la productivité globale selon les changements de l’efficience allocative et un terme résiduel, que nous interprétons comme des changements technologiques fondamentaux.

Nous montrons que l’absence de gain d’efficience allocative est le facteur commun à l’origine de ces épisodes de ralentissement de la croissance de la productivité. Aux États-Unis, les 20 années de croissance lente ont aussi été les seules années où l’on n’a observé aucune amélioration (voire une détérioration) de l’efficience allocative. Par comparaison, la répartition efficiente des facteurs de production a été stable au Canada. En fait, elle n’a pratiquement pas changé de 1985 jusqu’au début des années 2000 et est à la baisse depuis. L’absence de gain d’efficience allocative peut expliquer plus des deux tiers du ralentissement de la productivité aux États-Unis et plus du tiers de l’élargissement de l’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis.