Optimal Monetary and Macroprudential Policies

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Les banques jouent un rôle clé dans l’octroi de liquidité et leur accès aux sources de financement dépend de la liquidité de leurs propres actifs. Pendant les crises financières, les banques sont parfois amenées à réduire leurs actifs moins liquides, notamment en accordant moins de prêts aux entreprises, ce qui peut aggraver le coût économique des crises. Les autorités macroprudentielles devraient se soucier de la manière dont les banques réaménagent leur bilan en période de crise financière. Pour leur part, les autorités monétaires peuvent renforcer la stabilité financière en tenant compte de l’incidence de leurs décisions sur l’offre de crédit bancaire. En effet, les autorités monétaires influencent directement la liquidité des actifs échangés sur les marchés financiers.

Nous cherchons à déterminer comment il faudrait coordonner la politique monétaire et la politique macroprudentielle pour optimiser l’offre de prêts et de liquidité de façon à maximaliser le bien-être des ménages. Nous modélisons des crises financières récurrentes. Dans notre modèle, les intérêts que les banques doivent verser sur les dépôts dépendent à la fois du volume des dépôts qu’elles reçoivent et de la politique monétaire. Lorsqu’elles ont une politique expansionniste, les autorités monétaires fournissent de la liquidité et entrent ainsi en concurrence avec les banques, ce qui fait diminuer la prime de liquidité dont profitent les banques. Une prime de liquidité plus faible réduit la liquidité des actifs bancaires car elle entraîne une baisse des capitaux propres des banques et, donc, restreint leur accès aux sources de financement.

Deux grands enseignements se dégagent. Tout d’abord, dans les périodes de reprise qui suivent les crises financières, le degré de détente monétaire devrait être moins élevé que ce qu’il faudrait pour recouvrer les emplois perdus. Ensuite, lors des crises financières, les autorités macroprudentielles devraient contraindre les banques à se détourner des titres obligataires sûrs. Ce faisant, le volume de dépôts reçus par les banques diminuerait et cela induirait une autre baisse des taux créditeurs. Les autorités de réglementation devraient amener les banques à avoir des bilans plus sains et de taille accru en temps normal, mais plus petits et plus risqués durant les crises financières.