Tariffs and the Exchange Rate: Evidence from Twitter

Disponible en format(s) : PDF

La politique commerciale américaine appliquée sous la présidence de Donald Trump a suscité un regain d’intérêt envers les effets macroéconomiques des droits de douane. Il était devenu habituel d’utiliser ces tarifs et d’autres politiques restrictives liées aux échanges internationaux pour essayer de stimuler l’économie nationale. L’un des facteurs déterminant l’impact des droits de douane est la réaction de la monnaie du pays qui les impose. En effet, l’incidence des changements tarifaires peut être atténuée ou même annulée si cette monnaie s’apprécie et empêche l’ajustement des prix relatifs des biens produits localement ou à l’étranger.

Le comportement du taux de change observé à la suite d’une hausse des droits de douane n’a pas fait l’objet d’une évaluation empirique complète en raison du manque de données et de problèmes méthodologiques. Notre évaluation porte sur la récente période de renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Durant celle-ci, les communications publiques du président américain, qui prenaient souvent la forme de « tweets », ou gazouillis, ont constitué une importante source d’information sur les droits de douane. Nous nous basons sur ces tweets pour quantifier l’incidence des droits de douane potentiels et réels visant le Canada et le Mexique sur les taux de change bilatéraux de la monnaie de ces pays par rapport au dollar américain.

Nos résultats montrent que l’anticipation d’une hausse des droits de douane sur les produits importés du Canada a entraîné, en moyenne, une appréciation de 0,022 % du dollar américain par rapport au dollar canadien dans les cinq minutes suivant la publication d’un tweet. Dans le cas du Mexique, l’effet moyen a été deux fois plus important, la valeur du dollar américain augmentant de 0,049 %. Nous estimons que ces chiffres sont significatifs sur les plans économique et statistique.