Systemic Risk and Portfolio Diversification: Evidence from the Futures Market

Disponible en format(s) : PDF

Des études établissent un lien entre le risque systémique des banques et leur utilisation des produits dérivés. Le recours accru aux dérivés s’inscrit dans une évolution des modèles d’entreprise des banques, qui délaissent les prêts traditionnels au profit des transactions de produits financiers pour générer des revenus. Ce nouveau modèle d’entreprise a créé des interrelations inédites et des covariations plus fortes entre les banques. La négociation de produits dérivés crée un vecteur d’exposition commun, car elle rend les banques plus vulnérables aux pertes simultanées. Notre article examine comment le marché canadien des contrats à terme a contribué au risque systémique en provoquant des pertes simultanées chez les banques canadiennes pendant la crise financière de 2008.

L’article poursuit quatre objectifs principaux.

  1. Nous décomposons les covariations de portefeuilles observées en deux facteurs – à savoir la similarité des portefeuilles et les corrélations croisées des prix – et nous étudions l’ampleur de chacun d’eux.
  2. Nous comparons l’effet de la similarité des portefeuilles sur les rendements des portefeuilles des grandes banques et des autres institutions financières.
  3. Nous décomposons la similarité des portefeuilles en deux facteurs : la concentration et la diversification.
  4. Nous examinons comment ces deux variables ont évolué aux alentours de la crise de 2008.

Les résultats montrent que, dans l’ensemble, les grandes banques ont pris des positions contre les autres institutions financières, augmentant ainsi leur risque de pertes simultanées. Pour les grandes banques, les rendements des contrats à terme ont évolué de concert en raison de la similitude des portefeuilles; en revanche, pour les autres institutions financières, les covariations étaient surtout dues à des corrélations croisées des prix. Dans l’ensemble, les portefeuilles des grandes banques étaient plus diversifiés que ceux des autres institutions financières, mais les grandes banques ayant des positions plus concentrées présentaient un risque systémique plus élevé. Les grandes banques étaient aussi globalement plus similaires dans leur diversification. Par contre, les portefeuilles des autres institutions financières étaient plus concentrés que ceux des grandes banques, mais présentaient moins de chevauchements. Ce constat nuance notre compréhension de la concentration et de la diversification en tant que sources de risque systémique sur les marchés de produits dérivés en montrant que les deux peuvent jouer un rôle pour différents types de banques.