Financial Intermediaries and the Macroeconomy: Evidence from a High-Frequency Identification

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Quels sont les effets des intermédiaires financiers sur l’économie? Cette question, qui est au cœur de la macroéconomie depuis au moins la Grande Dépression, a récemment fait l’objet d’une attention particulière. Le principal défi pour les chercheurs tient au fait que les conditions macroéconomiques qui trouvent leur origine en dehors du système financier se répercutent sur les bilans des intermédiaires. Il est donc complexe d’isoler leurs effets sur l’économie.

Dans cette étude, nous proposons une stratégie empirique pour analyser les effets directs des intermédiaires financiers sur la macroéconomie. Nous définissons, en fonction des cours boursiers intrajournaliers, les chocs financiers comme des mouvements très fréquents de la valeur de marché de chacun des intermédiaires intervenus dans un court laps de temps autour de l’annonce de leurs résultats. Puisque ces annonces sont peu fréquentes (généralement trimestrielles), le volume de nouvelles financières publiées pendant ces périodes a tendance à être plus élevé que d’habitude. En nous concentrant sur les courts intervalles autour de ces annonces, nous distinguons mieux les chocs financiers des chocs macroéconomiques non financiers.

À l’aide des chocs financiers relevés, nous montrons que les baisses de la valeur nette des intermédiaires américains ont des effets substantiels sur la valeur nette des sociétés non financières : une réduction de 1 % de la valeur de marché des premiers entraîne une diminution de 0,2 % à 0,4 % de la valeur de marché des deuxièmes. Ces effets sont plus prononcés :

  • chez les sociétés présentant un risque de défaillance élevé et une faible liquidité;
  • lorsque la valeur nette totale du système financier est faible.

Nos résultats fournissent une preuve directe des effets des intermédiaires financiers sur le reste de l’économie, ce qui donne à penser que des politiques pourraient jouer un rôle en vue d’assurer le bon fonctionnement du secteur financier.

DOI : https://doi.org/10.34989/swp-2022-24