Dans cette étude, les auteurs comparent l'information que différents agrégats monétaires contiennent sur l'évolution de la dépense globale. Leur analyse fondée sur des données pour le Canada vise quarante-six mesures de la masse monétaire, dont environ la moitié sont des agrégats conventionnels obtenus par addition, et l'autre moitié des agrégats « superlatifs » établis selon la formule Fisher Ideal. La méthode retenue suit un ordre naturel, en ce sens que le nombre de variables servant à prévoir l'évolution de la dépense globale est augmenté graduellement : on fait d'abord intervenir les valeurs retardées de la dépense globale elle-même, suivies d'un agrégat monétaire, puis d'autres variables financières telles que le taux d'intérêt, le taux de change et le cours boursier. Enfin, les auteurs cherchent à savoir si l'agrégation de mesures de la masse monétaire entraîne une perte d'informations; pour cela, ils décomposent un grand agrégat riche en informations et utilisent ses éléments comme indicateurs dans un modèle de prévision à plusieurs variables. Les divers modèles testés sont comparés entre eux selon le principe « englobant » de Hendry et Richard (1982); ils sont ensuite évalués sur la base de tests standard de stabilité, de prévisions récursives effectuées pour une période à l'avance et de simulations ex post.