Les études théoriques et empiriques donnent à penser que la structure à terme des taux d'intérêt reflète tant les primes de risque que les attentes du marché à l'égard de l'évolution future de l'inflation et des taux d'intérêt réels. Pour extraire l'information relative à ces primes et à ces attentes, les auteurs proposent d'exploiter à la fois les covariations des taux d'intérêt le long de la courbe de rendement et leurs covariations entre deux pays, soit le Canada et les États-Unis. Cette méthode nécessite l'estimation d'un modèle affine de taux de rendement à plusieurs facteurs et à deux pays, dans lequel interviennent un facteur commun, qui représente les attentes en matière de taux d'intérêt réels dans les deux pays, et deux autres facteurs reflétant des attentes d'inflation distinctes, propres à chacun des pays. Pour estimer le modèle, les auteurs appliquent un filtre de Kalman aux données mensuelles relatives à l'inflation et aux rendements d'obligations coupon zéro échéant dans deux, cinq et dix ans. D'après les estimations des auteurs, les attentes relatives à l'inflation ont été lentes au Canada à s'ajuster à un nouveau régime axé sur la poursuite de cibles de maîtrise de l'inflation. Les auteurs constatent également que les primes liées au risque d'inflation oscillent entre 10 et 70 points de base dans les deux pays, mais qu'elles sont plus faibles dans le cas des obligations américaines.