Ce matin, nous avons publié la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire, paru en novembre dernier. Dans ce rapport, nous indiquions qu'à la suite des événements du 11 septembre, le moment auquel s'amorcerait la reprise de l'activité économique au Canada cette année et l'ampleur qu'elle aurait dépendraient essentiellement de l'évolution de la situation géopolitique et de la rapidité avec laquelle la confiance des ménages et des entreprises reviendrait à la normale.

Depuis, la conjoncture géopolitique s'est améliorée, et la confiance des consommateurs s'est redressée tant au Canada qu'aux États-Unis. Par conséquent, bien qu'une croissance robuste ne soit pas encore engagée, il est maintenant plus clair que notre économie gagnera en vigueur à mesure que l'année avancera.

L'évolution économique au Canada depuis la publication du Rapport de novembre et le profil de croissance fourni dans la Mise à jour donnent à penser que la marge de capacités inutilisées sera légèrement plus importante en 2002 qu'on ne le supposait en novembre dernier. On s'attend donc maintenant à ce que l'inflation mesurée par l'indice de référence s'établisse en moyenne à un peu moins de 1 1/2 % au second semestre de 2002. La hausse de l'IPC global devrait rester inférieure à celle de l'indice de référence jusqu'à la fin de 2002.

Dans ce contexte, la Banque a abaissé son taux directeur de 375 points de base au cours des douze derniers mois. Cet assouplissement monétaire substantiel devrait soutenir la croissance de la demande intérieure. La croissance économique devrait donc s'accélérer durant 2002. Les capacités de production excédentaires devraient se résorber graduellement. En conséquence, l'inflation devrait remonter aux alentours de 2 % d'ici deux ans environ.

J'aimerais maintenant dire quelques mots sur l'évolution récente du taux de change, qui représente une source de préoccupation.

Au fil du temps, les taux de change devraient refléter l'évolution fondamentale de la situation économique et financière ainsi que les perspectives économiques. Mais à court terme, au moment où les marchés évaluent ces perspectives, les taux de change peuvent être instables.

Comme je l'ai déjà signalé, il est maintenant plus probable que notre économie se renforcera tout au long de l'année et au début de 2003. Les données récentes tendent de plus en plus à confirmer qu'une reprise commence à se matérialiser. Les dépenses des ménages au Canada — notamment celles qui sont sensibles aux taux d'intérêt — ont été plus vigoureuses que prévu. D'après les chiffres les plus récents, les exportations et l'activité dans le secteur manufacturier paraissent vouloir s'accélérer, et la correction des stocks progresse. De plus, avec l'apparition des premiers indices d'un redressement de l'économie américaine, les cours mondiaux des produits de base non énergétiques semblent avoir touché un creux.

Ces signes d'un regain de l'activité au Canada sont encourageants. Toutefois, les variations récentes du taux de change Canada–États-Unis ne semblent pas avoir reflété cette évolution et elles n'ont pas aidé l'économie. La reprise au Canada ne dépend pas du maintien des bas niveaux actuels du dollar canadien par rapport à la devise américaine.

En résumé, il se pourrait fort bien que les données définitives qui seront publiées révèlent une croissance positive, quoique modeste, tant au quatrième trimestre de 2001 qu'au premier trimestre de 2002. Il y a lieu de croire que l'activité gagnera en vigueur à mesure que l'année progressera. Naturellement, certaines incertitudes persistent, et la Banque surveillera de près la tournure des événements.