Nombreux sont les modèles macroéconomiques dans lesquels la rigidité des prix sert de clef à l'interprétation des effets de la politique monétaire sur l'économie. Différentes théories ont été mises en avant pour expliquer cette rigidité. Les auteurs abordent la question à la manière de Blinder et coll. (1998), par la voie d'une enquête. Plus précisément, ils se fondent sur l'enquête que les bureaux régionaux de la Banque du Canada ont menée auprès de 170 entreprises canadiennes en vue de recueillir leurs points de vue sur la dynamique des prix. Les auteurs constatent que les modifications de prix sont principalement motivées par celles qu'effectuent les concurrents, par les variations du coût des intrants intérieurs et par les variations de la demande. Fait étonnant, mais qui est conforme aux résultats de Bils et Klenow (2002), plus de la moitié des entreprises rajusteraient leurs prix au moins quatre fois par an d'après les données de l'enquête. En outre, l'intensification de la concurrence et les progrès des technologies de l'information auraient amené les firmes à réviser leurs prix plus souvent qu'elles ne le faisaient il y a dix ans.