Les systèmes de paiement sont généralement caractérisés à des degrés divers par le principe de la participation à plusieurs niveaux, où des firmes en amont (les agents de compensation) fournissent des comptes de règlement à des institutions en aval (les sous-adhérents) qui désirent faire compenser et régler indirectement des paiements par l'intermédiaire de ces systèmes. Les agents de compensation apportent une contribution essentielle aux sous-adhérents (des services de compensation et de règlement), tout en se trouvant en concurrence directe avec ces derniers sur le marché des services de paiement au détail. Les auteurs élaborent un modèle faisant intervenir un agent de compensation et un sous-adhérent, afin d'examiner la motivation du premier à mettre à profit sa position d'institution en amont pour se donner un avantage concurrentiel sur le marché des services de paiement au détail. Le modèle démontre qu'un agent de compensation peut acquérir cet avantage en augmentant les coûts imposés au sous-adhérent, mais que sa motivation à hausser ces coûts est restreinte par le risque de crédit auquel il s'expose du fait qu'il consent des découverts non garantis aux sous-adhérents. Les résultats de l'étude portent à croire que les systèmes de paiement à participation par paliers, qui obligent les agents de règlement à accorder des découverts aux sous-adhérents avec lesquels ils traitent, sont susceptibles d'accroître la compétitivité du marché des services de paiement au détail.