Bonjour et merci de vous joindre à nous. Avant de discuter du Rapport sur la politique monétaire publié aujourd'hui, qui reflète l'analyse la plus récente de la Banque du Canada concernant l'économie, j'aimerais dire quelques mots à propos de la crise financière mondiale. Nous sommes conscients que cette crise a engendré une grande incertitude et beaucoup de stress. Nous comprenons la gravité de la situation et nous prenons des mesures pour y remédier. Ces problèmes ont débuté à l'extérieur de nos frontières, et c'est également là que les principales solutions visant à les corriger doivent être mises en place. C'est pourquoi nous collaborons si étroitement avec nos collègues ailleurs dans le monde et pourquoi le plan d'action des pays du G7 est si important. De nombreuses banques internationales ont besoin de capitaux additionnels substantiels, et des efforts considérables sont déployés actuellement pour satisfaire ces besoins.

Au Canada, notre système financier est solide et nos institutions financières sont déjà bien dotées en capital. Nous sommes néanmoins touchés par ces évolutions à l'échelle mondiale. C'est pour cette raison que la Banque du Canada a pris des mesures extraordinaires en vue de procurer des liquidités et, ainsi, de contribuer au fonctionnement continu de notre système financier durant cette période de tensions. Et nous continuerons de fournir des liquidités supplémentaires à nos institutions financières tant que les conditions le justifieront.

Il ne faut surtout pas oublier que la politique monétaire canadienne demeure fermement axée sur le mandat de la Banque, qui consiste à maintenir l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible. Nous savons, grâce à une longue expérience, que c'est le meilleur moyen de promouvoir le bien-être économique et financier des Canadiens et des Canadiennes.

Permettez-moi maintenant de passer au Rapport sur la politique monétaire paru aujourd'hui. Dans ce document, nous faisons remarquer que trois grands facteurs mondiaux interreliés exercent une influence marquée sur l'économie canadienne et rendent les perspectives d'évolution de la croissance et de l'inflation plus incertaines qu'au moment de la publication de la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire en juillet. Premièrement, l'intensification de la crise financière internationale s'est traduite par de graves tensions sur les marchés financiers. La nécessité connexe pour le secteur bancaire mondial de continuer à réduire son ratio de levier financier contribuera à restreindre la croissance pendant un certain temps. Deuxièmement, l'économie mondiale semble se diriger vers une légère récession, provoquée par une économie américaine elle-même déjà en récession. Troisièmement, les prix de nombreux produits de base ont accusé un net recul.

La Banque s'attend à ce que la croissance soit anémique jusqu'à la fin du premier trimestre de 2009, puis qu'elle s'accélère durant le reste de l'année et dépasse celle du potentiel en 2010, à la faveur de l'amélioration des conditions du crédit, des effets retardés des mesures de politique monétaire et du raffermissement de l'expansion à l'échelle du globe. La dépréciation importante du dollar canadien survenue récemment contribuera également à compenser de façon notable les effets de l'affaiblissement de la demande mondiale et du recul des cours des produits de base.

Compte tenu de l'accumulation projetée des capacités inutilisées tout au long de 2009 et de la diminution attendue des cours de l'énergie, les pressions inflationnistes s'atténueront considérablement par rapport à ce qui était avancé dans la Mise à jour de juillet. On s'attend maintenant à ce que le taux d'accroissement de l'indice de référence demeure sous les 2 % jusqu'à la fin de 2010. Le taux d'augmentation de l'IPC global devrait culminer au troisième trimestre de 2008, glisser sous 1 % au milieu de 2009, puis retourner à la cible de 2 % d'ici la fin de 2010.

Face à la diminution des pressions inflationnistes, la Banque du Canada a pris des mesures énergiques et abaissé son taux directeur de 75 points de base au total au cours des deux dernières semaines. Ces actions procurent un soutien important et à point nommé à l'économie canadienne. Le taux directeur de la Banque a été réduit de moitié depuis le début de décembre 2007.

À la lumière des nouvelles perspectives établies par la Banque, il faudra probablement encore augmenter le degré de détente monétaire pour atteindre la cible d'inflation de 2 % à moyen terme. L'évolution de la crise financière, son incidence sur l'économie mondiale et le temps nécessaire pour que se fassent sentir les effets des diverses mesures extraordinaires prises pour y remédier font peser des risques majeurs, tant à la hausse qu'à la baisse, sur la projection au sujet de l'inflation.