Notre étude montre qu'il existe un lien empirique étroit entre la compétitivité du secteur bancaire national et l'intégration effective à l'échelle internationale. Cette dernière est mesurée à l'aide d'un nouvel indice qui permet de calculer, pour des écarts par rapport à la parité des taux d'intérêt avec couverture, la taille des zones de non-arbitrage et la rapidité de l'arbitrage en dehors de ces zones. La force du lien empirique entre l'intégration effective et la compétitivité du secteur financier national nous permet de réinterpréter la littérature récente sur les coûts et les avantages de l'intégration financière internationale. Cette littérature présente le développement des marchés intérieurs comme une condition préalable à la capacité de bénéficier de l'ouverture mondiale. Notre étude offre un point de vue différent. Le manque de concurrence au sein des systèmes financiers nationaux empêche certains pays de tirer parti de l'intégration internationale tout simplement parce qu'ils sont privés d'un avantage significatif de l'intégration, à savoir l'égalisation des prix. Ce résultat donne à penser qu'une intégration financière semblable à celle qui a été observée au cours de la récente crise peut avoir des conséquences négatives pour l'intégration financière effective à l'échelle mondiale. Autre résultat important, nous constatons que l'étendue des restrictions officielles n'a qu'un lien limité avec le degré d'intégration effective, surtout dans les économies en développement.