Les auteurs étudient comment les chocs qui touchent l'économie réelle et le secteur financier aux États-Unis se propagent au Canada et, en particulier, l'incidence que peuvent avoir les frictions financières dans leur diffusion. Ils exploitent à cette fin le modèle de l'économie mondiale utilisé par la Banque du Canada (de Resende et autres, à paraître), un modèle d'équilibre général dynamique et stochastique qui comporte un secteur bancaire actif et délimite précisément le rôle des frictions financières. Ils constatent que les chocs provenant des États-Unis, relatifs tant au secteur financier qu'à l'économie réelle, ont d'importantes répercussions sur l'économie canadienne. De plus, les frictions financières qui s'exercent aussi bien sur la demande que sur l'offre de crédit amplifient les effets de première vague de tous les types de chocs touchant l'économie américaine, ainsi que les effets de seconde vague au Canada. Les liens entre l'économie réelle et la sphère financière augmentent aussi la persistance des réactions canadiennes aux chocs survenant aux États-Unis. Les auteurs établissent que l'interaction entre la réaction endogène des prix des produits de base et les frictions financières joue un grand rôle dans la propagation au Canada des chocs nés aux États-Unis. Enfin, ces liens contribuent également à rendre compte de la corrélation positive croisée entre les demandes intérieures américaine et canadienne qui ressort des données, corrélation difficile à expliquer à l'aide d'un modèle dans lequel la transmission des chocs d'un pays à l'autre se fonde uniquement sur les échanges commerciaux existants.